Controverse en Irak sur le jeûne du Ramadan : les arrestations entre la loi et la constitution
February 27, 202658 VuesTemps de lecture: 2 minutes

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Avec le début du mois de Ramadan, plusieurs provinces irakiennes ont connu des campagnes de sécurité pour surveiller les personnes qui ne jeûnent pas dans les lieux publics, ce qui a suscité un large débat entre ceux qui y voient une protection de la sacralité du mois et une préservation de l'ordre public, et ceux qui considèrent cela comme une atteinte aux libertés constitutionnelles individuelles.
Le ministère de l'Intérieur a émis des directives interdisant l'affichage de l'iftar pendant la journée, s'appliquant aux citoyens et aux résidents étrangers, tout en obligeant les restaurants et cafés à s'abstenir de servir de la nourriture avant l'iftar, et en chargeant des équipes d'inspection de suivre l'application.
La loi et les crimes flagrants
Dans les provinces du sud, les campagnes ont abouti à l'arrestation de dizaines de personnes et à la fermeture de certains établissements en infraction.
Le juriste Ali Al-Tamimi a déclaré que l'article 240 du code pénal irakien permet l'emprisonnement ou l'amende pour ceux qui enfreignent un ordre émis par une autorité compétente, en soulignant que les cas d'iftar dans les lieux publics sont considérés comme des "crimes flagrants", ce qui permet une arrestation immédiate avec possibilité de libération sous caution.
Préoccupations en matière de droits et pluralité de la société
En revanche, des activistes ont exprimé leurs craintes que ces campagnes puissent mettre certains travailleurs étrangers et non musulmans dans une situation injuste, sans vérifier leurs antécédents religieux ou leurs conditions de santé.
L'activiste Wissam Al-Abdallah a estimé que le respect du Ramadan devrait être renforcé par la sensibilisation communautaire, et non par des arrestations massives, appelant à établir des directives qui tiennent compte de la diversité de la société irakienne et de ses différentes religions et sectes.
L'équilibre entre l'ordre public et la liberté de croyance
Certaines plaintes concernent la difficulté de prouver les excuses religieuses, ce qui crée des défis pour les autorités entre l'application de la loi et la protection des droits constitutionnels.
La constitution irakienne stipule la protection de la liberté de pensée, de conscience et de croyance, et garantit l'égalité devant la loi sans discrimination fondée sur la religion, la secte ou la nationalité, ce qui impose une grande responsabilité aux autorités exécutives pour atteindre un équilibre entre l'ordre public et la dignité des individus.