Tom Brack : Washington n'a pas demandé à la Syrie de désarmer le Hezbollah malgré des rapports sur un "feu vert"

Brack a confirmé, dans un message sur la plateforme "X", que "les rapports affirmant que les États-Unis encouragent la Syrie à envoyer des troupes au Liban sont faux et inexactes", dans une position officielle visant à démentir ce qui a été largement diffusé.
Rapports de renseignement : Washington a proposé l'idée et Damas a hésité
Malgré le démenti américain, des sources bien informées – selon ce qu'a rapporté Reuters – ont révélé que Washington avait effectivement discuté avec la Syrie de la possibilité d'envoyer des troupes dans l'est du Liban pour aider à désarmer le Hezbollah.
Selon ces sources, Damas a montré une hésitation claire, craignant de s'engager dans un conflit plus large au Moyen-Orient, en plus des craintes d'attiser les tensions sectaires dans la région.
Discussions remontant à l'année dernière et renouvelées avec l'escalade de la guerre contre l'Iran
Les sources ont indiqué que l'idée avait été proposée pour la première fois lors de réunions entre des responsables américains et syriens l'année dernière, avant d'être à nouveau discutée avec l'escalade de la guerre entre les États-Unis et Israël d'une part, et l'Iran d'autre part.
Des récits variés ont également été rapportés concernant le moment de sa réémergence, certains responsables syriens affirmant qu'elle avait précédé la guerre de peu, tandis que des sources de renseignement ont suggéré qu'elle était survenue juste après le déclenchement du conflit.
Damas étudie prudemment : craintes de missiles iraniens et de troubles internes
Selon des sources gouvernementales et diplomatiques, la direction syrienne examine le scénario avec une grande prudence, face à des risques potentiels incluant :
Attaques de missiles iraniens
Escalade des tensions avec la communauté chiite
Menace pour la stabilité intérieure après des événements sectaires antérieurs
De plus, Damas craint qu'une intervention militaire au Liban ne complique le paysage sécuritaire de la région.
Paroles sur un "feu vert" américain face à un silence officiel
En revanche, certaines sources ont évoqué que Washington avait donné un "feu vert" pour une opération potentielle dans l'est du Liban, afin de soutenir le gouvernement libanais dans le dossier du désarmement du Hezbollah.
Cependant, un porte-parole du département d'État américain a refusé de commenter ce qu'il a qualifié de "correspondance diplomatique privée", laissant ainsi la porte ouverte à des interprétations.
Renforts militaires syriens à la frontière avec le Liban
Sur le terrain, la Syrie a renforcé sa présence militaire à la frontière avec le Liban depuis début février, déployant des unités de missiles et des milliers de soldats, affirmant que ces mouvements sont "défensifs".
Ces renforts interviennent dans un contexte de tensions régionales croissantes, notamment avec la poursuite des frappes américaines et israéliennes contre l'Iran.
Prudence syrienne malgré l'antagonisme antérieur avec le Hezbollah
Malgré les tensions historiques entre Damas et le Hezbollah ainsi qu'avec l'Iran à certaines périodes, notamment pendant la guerre syrienne entre 2011 et 2024, la direction syrienne actuelle adopte une approche prudente.
Cette orientation reflète une tentative d'éviter de s'engager dans un conflit régional large, qui pourrait menacer la stabilité du pays à un moment sensible.