Le retour de Saddam Haftar au cœur de nouveaux arrangements internationaux... Le sommet du pouvoir en Libye sera-t-il redéfini depuis Rome et Paris ?

Proposition de modification à la tête du pouvoir
Selon ce que rapporte l'agence "Nova" de sources libyennes bien informées, un projet a été discuté qui prévoit que Saddam Haftar, vice-commandant de l'armée nationale libyenne, prenne la présidence du conseil présidentiel en remplacement de Mohamed Menfi, tout en maintenant Abdul Hamid Dbeibah en tant que président d'un gouvernement unifié.
Ont participé aux rencontres, qui se sont tenues sous l'égide de l'envoyé américain Messaoud Boulous, Ibrahim Dbeibah, conseiller du Premier ministre et neveu de ce dernier, ainsi que Saddam Haftar lui-même.
Nouvelle répartition militaire des pouvoirs
Le plan proposé comprend une redistribution claire des postes de commandement militaire : Khaled Haftar à l'est, et le général Osama Nimrouch au nord-ouest, tout en laissant le poste du sud en suspens. Ce projet vise, selon ses partisans, à créer un équilibre militaire régional qui limite la division actuelle.
Cependant, la proposition ne bénéficie pas encore d'un consensus interne, avec des réserves à l'est et à l'ouest, notamment à Misrata, ainsi qu'une prudence de la part d'acteurs régionaux influents.
Défis politiques complexes
Le scénario proposé soulève des questions sur la position de Saddam Haftar face à l'influence persistante de son père, le maréchal Khalifa Haftar, et son passage d'un commandement militaire sur le terrain à la présidence du conseil présidentiel représente un changement fondamental qui pourrait affaiblir son emprise opérationnelle sur les forces armées, qui constituent le centre de gravité à l'est libyen.
Des sources occidentales à Washington ont décrit la proposition comme "incomplète", avec des difficultés évidentes à rassembler le soutien des principales parties, alors que le processus international n'a pas encore réussi à convaincre tous les acteurs.
Dimension régionale et internationale
Le mouvement politique coïncide avec les visites des chefs des services de renseignement turc Ibrahim Kalin et égyptien Hassan Rashad à Tripoli et Benghazi, ce qui indique l'intérêt d'Ankara et du Caire pour les nouveaux équilibres de pouvoir.
Le dossier politique se croise également avec des pressions économiques croissantes, Messaoud Boulous insistant sur la nécessité d'une intégration économique et militaire entre l'est et l'ouest, appelant à l'adoption d'une loi de budget unifiée comme base de la réconciliation économique.
Dans ce même contexte, des représentants de grandes puissances au Conseil de sécurité ont discuté de la priorité de la gouvernance économique, de la transparence et de la protection des actifs libyens à l'étranger, en soulignant que toute solution politique nécessitera un soutien officiel des Nations Unies.
Qui est Saddam Haftar ?
Saddam Haftar, né en 1991 à Benghazi, est le fils cadet du maréchal Khalifa Haftar. Il est diplômé de l'Académie militaire royale jordanienne en 2017 et a occupé plusieurs postes militaires, notamment celui de commandant de la brigade Tariq Ben Ziyad, avant d'être nommé chef d'état-major des forces terrestres puis vice-commandant général.
Son nom a émergé lors des opérations de sauvetage après les inondations de Derna en 2023, où il a été promu au rang de général, puis élevé plus tard au rang de lieutenant-général.
Scénario en cours d'évaluation
Pour l'instant, la mention de Saddam Haftar à la tête de la nouvelle Libye reste une option parmi plusieurs scénarios, dans un contexte dominé par des équilibres fragiles et un manque de confiance mutuelle.