Les prix du pétrole reculent au milieu des tensions américano-iraniennes et des craintes sur les approvisionnements

Les prix du pétrole ont enregistré un léger recul lors des échanges de ce mardi, alors que les marchés mondiaux s'emploient à évaluer les risques potentiels sur les approvisionnements, dans un contexte de tensions croissantes entre les États-Unis et l'Iran, et de préoccupations persistantes concernant la sécurité de la navigation dans le détroit d'Hormuz, vital.
Les contrats à terme sur le Brent ont diminué de 25 cents, soit 0,4 %, pour atteindre 68,79 dollars le baril à 01h02 GMT, tandis que le West Texas Intermediate américain a chuté de 23 cents, ou 0,4 %, pour s'établir à 64,13 dollars le baril, selon les données de l'agence Reuters.
Ce recul survient après des gains solides de plus de 1 % réalisés par les prix lundi, suite à des directives émises par l'administration maritime du ministère des Transports américain, appelant les navires commerciaux battant pavillon américain à éviter autant que possible les eaux territoriales iraniennes, et à refuser toute demande iranienne de monter à bord en cas d'incident.
Ces directives revêtent une importance particulière compte tenu du rôle central que joue le détroit d'Hormuz sur le marché mondial de l'énergie, par lequel transite environ un cinquième du pétrole consommé dans le monde entre le sultanat d'Oman et l'Iran, rendant toute escalade sécuritaire dans la région une menace directe pour les approvisionnements mondiaux en brut.
L'Iran, ainsi qu'un certain nombre de pays membres de l'OPEP, dépend du détroit pour exporter la majeure partie de sa production pétrolière, notamment vers les marchés asiatiques.
Les avertissements américains interviennent malgré des déclarations du ministre des Affaires étrangères iranien, qui a affirmé que les négociations nucléaires indirectes avec les États-Unis, par l'intermédiaire d'Oman, avaient commencé "de manière positive" et devraient se poursuivre dans les semaines à venir.
Dans ce contexte, l'analyste de la société IG, Tony Sycamore, a déclaré dans une note à ses clients que le ton positif prudent qui a accompagné les discussions à Oman n'était pas suffisant pour dissiper complètement les inquiétudes, ajoutant que l'incertitude persistante concernant les possibilités d'escalade, de renforcement des sanctions ou d'interruptions des approvisionnements via le détroit d'Hormuz maintient une prime de risque limitée mais stable sur les prix du pétrole.
D'autre part, un document consulté par Reuters a révélé que l'Union européenne avait proposé d'élargir ses sanctions contre la Russie pour inclure des ports en Géorgie et en Indonésie traitant avec le pétrole russe, une première du genre où l'Union cible des ports situés dans des pays tiers.
Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'efforts européens croissants pour resserrer l'étau sur les exportations de pétrole russe, qui constitue l'une des principales sources de revenus pour Moscou, dans le contexte des pressions liées à la guerre en cours en Ukraine.