Les prix du pétrole se dirigent vers une perte hebdomadaire avec la diminution des craintes de conflit avec l'Iran

Les prix du pétrole se dirigent vers une nouvelle perte hebdomadaire, après avoir perdu l'élan qu'ils avaient acquis au début de la semaine en raison des tensions géopolitiques, pour se retrouver sous pression d'une offre abondante et d'une diminution des craintes d'escalade avec l'Iran.
À 02h05 GMT ce vendredi, les contrats à terme du brut Brent ont augmenté de trois cents, soit 0,04 %, atteignant 67,55 dollars le baril, après une forte chute de 2,7 % lors de la séance précédente.
Le brut West Texas Intermediate américain a également grimpé d'un cent, soit 0,02 %, à 62,85 dollars le baril, après une baisse de 2,8 % hier.
Malgré cette légère amélioration, le Brent est en passe d'enregistrer une perte hebdomadaire d'environ 0,8 %, tandis qu'il est prévu que le brut américain subisse une baisse hebdomadaire de 1,1 %, marquant ainsi la deuxième semaine de recul.
* De l'escalade à l'apaisement
Les prix avaient reçu un soutien plus tôt dans la semaine en raison des craintes d'une éventuelle attaque américaine contre l'Iran en raison de son programme nucléaire.
Cependant, les déclarations du président américain Donald Trump hier jeudi, où il a évoqué la possibilité d'un accord avec Téhéran le mois prochain, ont rapidement dissipé ces craintes et ont ramené les pressions de vente sur le marché.
Tony Sycamore, analyste chez IG, estime que la baisse des prix reflète un apaisement de la prime de risque géopolitique, avec des indications d'un prolongement du processus diplomatique entre Washington et Téhéran.
* Une offre supérieure à la demande
En plus des facteurs politiques, les prévisions fondamentales ont renforcé les pressions sur le marché ;
l'Agence internationale de l'énergie a prévu dans son rapport mensuel que la croissance de la demande mondiale de pétrole cette année serait plus faible que prévu, avec un risque que l'offre totale dépasse la demande.
Les données montrant une forte augmentation des stocks de pétrole brut américains ont intensifié les pressions, signalant une abondance d'approvisionnements dans la plus grande économie consommatrice d'énergie au monde.
* Le retour du Venezuela sur le marché
Un autre facteur pesant sur les prix est constitué par les prévisions d'une augmentation des approvisionnements vénézuéliens dans les mois à venir ;
selon les estimations du marché, la production du Venezuela pourrait passer d'environ 880 000 barils par jour actuellement à près de 1,2 million de barils par jour, se rapprochant ainsi des niveaux d'avant les sanctions.
Dans ce contexte, un responsable de l'énergie à la Maison Blanche a annoncé que le département du Trésor américain délivrerait des exemptions supplémentaires pour alléger les sanctions sur le secteur énergétique vénézuélien, ouvrant ainsi la voie à des flux pétroliers plus importants vers les marchés.
Le ministre de l'énergie américain Chris Wright a également révélé que les ventes de pétrole vénézuélien contrôlées par les États-Unis avaient dépassé un milliard de dollars depuis l'arrestation du président Nicolás Maduro en janvier dernier, prévoyant d'atteindre 5 milliards de dollars supplémentaires dans les mois à venir.
* Le tableau complet
Entre l'apaisement des tensions géopolitiques, l'augmentation des stocks américains, les prévisions d'une croissance faible de la demande mondiale, et le retour des approvisionnements vénézuéliens, les prix du pétrole se trouvent confrontés à un mélange de facteurs pressants qui les poussent vers une nouvelle perte hebdomadaire.
La question posée sur les marchés reste :
La pression due à l'excès d'offre va-t-elle se poursuivre, ou les tensions politiques vont-elles revenir pour renverser la situation à nouveau ?