Frappes israéliennes sur Beyrouth : 4 morts et 9 blessés dans une escalade des tensions avec le Hezbollah

Le ministère de la Santé libanais a annoncé aujourd'hui, dimanche, la mort de 4 personnes et 9 blessés suite à une frappe israélienne visant un appartement dans un hôtel dans le quartier de Raouché à Beyrouth, tandis que les utilisateurs des réseaux sociaux et des vidéos d'actualités libanaises ont diffusé des images qu'ils affirment être de la frappe qui a ciblé l'hôtel Ramada dans la capitale.
Cette frappe intervient quelques heures après une opération d'infiltration menée par des forces israéliennes spéciales dans l'est du Liban, qui a été accompagnée d'une série de frappes sur une ville considérée comme un bastion principal du Hezbollah, faisant 41 morts et environ 40 blessés, mais n'atteignant pas son objectif de retrouver les restes du pilote israélien disparu Ron Arad depuis 1986.
Dans la ville de Nabi Chit, qui est devenue semblable à un champ de bataille, un photographe de l'Agence France-Presse a observé un cratère profond entouré de maisons détruites, de voitures écrasées, et d'un bâtiment portant une vieille image des dirigeants du Hezbollah.
Les habitants de la ville ont décrit les bruits des explosions comme étant "comme dans des films d'action", au milieu d'affrontements sporadiques entre les combattants du Hezbollah et les forces israéliennes.
L'armée israélienne a précisé que ses forces spéciales avaient mené l'opération pour rechercher des preuves concernant le pilote Arad, tout en confirmant qu'aucune blessure n'avait été enregistrée parmi ses membres, tandis que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a souligné l'engagement continu d'Israël à retrouver tous ses soldats disparus.
Le commandant de l'armée israélienne, Rudolf Heikel, a indiqué que l'unité israélienne portait des uniformes similaires à ceux de l'armée libanaise et utilisait des véhicules et des ambulances ressemblant à ceux de l'Organisation de la santé islamique affiliée au Hezbollah.
Pour sa part, le Hezbollah a confirmé que quatre hélicoptères israéliens s'étaient infiltrés par la direction syrienne, et que les affrontements avaient évolué après la découverte de la force israélienne, avec environ quarante frappes intensives, où les combattants du parti ont tiré des roquettes lors du retrait des forces israéliennes.
La région de Baalbek-Hermel, dans l'est du Liban, près de la frontière syrienne, est l'une des zones clés de la force du Hezbollah.
Le maire de Nabi Chit, Hani Moussaoui, a confirmé que la communauté locale est "résistante" et que les frappes israéliennes ont causé d'importants dégâts aux infrastructures et des pertes humaines.
Des opérations de fouille ont également eu lieu dans les cimetières de la ville à la recherche des restes d'Arad, un sujet sensible pour Israël qui a mené au fil des décennies des opérations similaires au Liban.
Le mois dernier, les autorités libanaises ont accusé quatre personnes d'avoir communiqué avec le Mossad et d'avoir été impliquées dans l'"enlèvement" d'un officier libanais à la retraite de la famille Chaker.
Les affrontements se sont également étendus au sud du Liban et aux banlieues sud de Beyrouth, où Israël a mené des frappes à grande échelle et a demandé l'évacuation de zones, entraînant le déplacement de plus de 450 000 Libanais.
Le ministère de la Santé libanais a comptabilisé environ 300 morts depuis le début des opérations, dont huit dans le sud du pays rien que samedi.
Ces développements interviennent dans un contexte de tensions régionales croissantes après que le Hezbollah a tiré des roquettes sur Israël en "vengeance" de l'assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei, à la suite d'une attaque américano-israélienne à Téhéran.