Les universités iraniennes testent l'équilibre entre pouvoir et protestation avec le début du nouveau semestre
February 25, 202663 VuesTemps de lecture: 3 minutes

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Avec le début du semestre universitaire en Iran, les grandes universités sont de nouveau au cœur de la scène politique, après que leurs campus sont devenus des foyers de manifestations étudiantes renouvelées, dans un contexte de tensions croissantes entre les étudiants et les autorités, selon ce qu'a rapporté Iran International.
De l'enseignement à distance au retour à la confrontation
Les autorités avaient eu recours en janvier dernier à un système d'enseignement en ligne, après une vague de manifestations liées à la situation économique, dans une démarche perçue par les étudiants comme une tentative de contenir le rassemblement sur le campus. Cependant, la reprise des cours en présentiel a redonné de l'élan aux mouvements sur le terrain, notamment dans les universités de Téhéran, Machhad et Ispahan.
Cérémonies commémoratives transformées en messages politiques
À l'université de Téhéran, des étudiants ont organisé des cérémonies commémoratives pour un étudiant en études supérieures, scandant des slogans tels que “femme, vie, liberté”, tandis que l'organisation Basij des étudiants tentait de diriger l'événement vers un discours pro-gouvernemental. À l'université Sharif de technologie, une minute de silence s'est transformée en débat ouvert après la diffusion de récitations coraniques par des haut-parleurs, considérées par les manifestants comme une tentative de brouillage.
Division symbolique et slogans opposés
Des vidéos diffusées ont montré des chants contradictoires entre des étudiants pro-gouvernementaux déclarant leur loyauté au leader suprême Ali Khamenei, et d'autres scandant des slogans critiquant la République islamique et le Corps des gardiens de la révolution. Des symboles variés ont également émergé ; des partisans ont brûlé des drapeaux des États-Unis et d'Israël, tandis que des opposants ont brandi le drapeau “du lion et du soleil” de l'ancienne révolution de 1979, et certains étudiants ont même brûlé le drapeau de la République islamique.
Certains slogans faisaient référence à Reza Pahlavi, indiquant la présence de la dimension monarchique dans le discours protestataire.
Dilemme juridique et sécuritaire
Les troubles placent la direction iranienne devant une équation délicate : une intervention sécuritaire stricte pourrait pousser les manifestations en dehors des murs des universités, tandis qu'un relâchement pourrait être perçu comme une ouverture à l'expansion de l'opposition. La situation est compliquée par une loi adoptée en 2000 interdisant l'entrée des forces militaires et de sécurité sur le campus sans autorisation officielle, à la suite des événements de 1999.
Cependant, des rapports de droits humains ont évoqué des interventions sécuritaires répétées, incluant l'identification et la photographie des participants, ainsi que des avertissements universitaires concernant des mesures disciplinaires potentielles, un indicateur de la persistance des tensions entre l'institution académique et le pouvoir politique.