Un rapport international tire la sonnette d'alarme : l'industrie chimique européenne au bord de l'effondrement
February 5, 2026198 VuesTemps de lecture: 3 minutes

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Un rapport publié par le site "Oil Price" met en garde contre une crise croissante frappant l'industrie chimique en Europe, l'un des secteurs industriels les plus importants du continent, en raison de l'augmentation considérable des coûts de l'énergie et du renforcement des réglementations environnementales au sein de l'Union européenne, ce qui menace l'avenir et la continuité du secteur.
Une forte baisse des investissements et de la production
Le rapport s'appuie sur des données relayées par le journal "Financial Times" concernant le Conseil de l'industrie chimique européenne (Cefic), qui a montré une baisse des investissements dans le secteur allant jusqu'à 80 % au cours de l'année dernière. De plus, les fermetures de capacités de production au sein de l'Union européenne ont augmenté d'un facteur six depuis 2022, atteignant environ 37 millions de tonnes d'ici 2025, ce qui représente 9 % de la capacité de production totale.
Pertes d'emplois et baisse de la compétitivité des entreprises européennes
Ces fermetures ont entraîné la perte d'environ 20 000 emplois, concomitamment à une baisse notable des nouveaux projets d'investissement, plaçant l'industrie dans une position délicate face aux concurrents mondiaux, notamment aux États-Unis et en Chine, où l'énergie est moins chère et les contraintes réglementaires plus légères.
La perte du gaz russe aggrave la crise industrielle
Le rapport estime que le déclin de l'industrie chimique européenne est étroitement lié à la perte de sources d'énergie bon marché, en particulier le gaz russe, qui était un élément clé pour maintenir la compétitivité du secteur. Cette industrie est l'une des plus dépendantes de l'énergie et des dérivés du pétrole, ce qui la rend la plus affectée par l'augmentation des coûts d'exploitation.
Les politiques de réduction des émissions augmentent les pressions économiques
Le rapport souligne que les politiques environnementales européennes axées sur la réduction des émissions de carbone ont contribué à augmenter les coûts de production, ce qui a réduit la capacité des entreprises européennes à rivaliser sur le plan mondial et poussé certaines entreprises à transférer leurs investissements hors du continent.
Retraites et fermetures d'usines majeures
Selon d'autres rapports économiques, de grandes entreprises mondiales commencent à reconsidérer leur présence en Europe, comme la société saoudienne "SABIC" qui a vendu ses actifs sur le continent, tandis que "Dow" prévoit de fermer plusieurs de ses usines en Allemagne en raison de l'augmentation des coûts de l'énergie et des émissions ainsi que de la faiblesse de la demande. "Exxon" envisage également de prendre une mesure similaire et de se retirer du secteur chimique européen, tandis que deux entreprises ont déposé des demandes de faillite pour certaines de leurs filiales.
Des répercussions s'étendant à d'autres industries stratégiques
L'impact du déclin de l'industrie chimique ne se limite pas à ce secteur, mais s'étend à d'autres industries stratégiques qui en dépendent directement, comme l'industrie automobile et les industries de défense, suscitant des inquiétudes quant aux répercussions économiques plus larges au sein de l'Union européenne.
Appels à reconsidérer les politiques industrielles et environnementales
Marco Mensink, président du Conseil de l'industrie chimique européenne, a averti que le secteur fait face à des pressions sans précédent, notant que les taux de fermeture d'usines ont doublé en un an et que les investissements annuels sont tombés à des niveaux proches de zéro, qualifiant l'industrie de "mère de toutes les industries" qui traverse une véritable phase d'effondrement.
Les estimations suggèrent que sauver ce secteur pourrait nécessiter une réorganisation des priorités des politiques industrielles et environnementales en Europe, afin d'atteindre un équilibre entre les exigences de protection de l'environnement et le maintien de la compétitivité des industries vitales.