L'économiste Mohamed El-Erian avertit de la fin de la mondialisation et prévient d'une nouvelle ère de "fragmentation"

Le Dr Mohamed El-Erian, économiste mondial et chef économiste chez "Allianz", a appelé les pays à un repositionnement stratégique axé sur la résilience et la flexibilité pour faire face à des transformations mondiales profondes, avertissant que le paysage économique international ne suit plus ses règles habituelles.
Cela a été déclaré lors de sa participation à la conférence sur le financement du développement "MOMENTUM 2025" qui se tient à Riyad sous le slogan "Leadership de la transformation du développement", où El-Erian a indiqué que la mondialisation traditionnelle était terminée, remplacée par une nouvelle phase qu'il a qualifiée de "fragmentation", affirmant que "le monde ne s'effondre pas selon ses règles, mais change même à ses niveaux supérieurs, ce qui nous oblige à reconsidérer les politiques économiques."
El-Erian a expliqué qu'il existe des raisons fondamentales qui nous poussent à anticiper l'inattendu, notamment l'énorme avancée technologique qui est devenue un moteur principal du changement, notant que l'intelligence artificielle est le principal moteur des changements économiques actuels, ainsi que les sciences techniques et l'informatique quantique qui auront un impact significatif au cours de la prochaine décennie.
Concernant les deux récits principaux qui dominent le paysage actuel, El-Erian a souligné qu'au niveau local, les économies ne suivent plus le modèle traditionnel, mais ont besoin de libérer les législations et de faciliter l'investissement dans un monde où le commerce et les investissements sont utilisés comme des outils de pression. Au niveau mondial, nous sommes passés de l'ère de la mondialisation absolue à un monde caractérisé par la fragmentation, ce que l'ancien Premier ministre britannique Gordon Brown a qualifié de "mondialisation gérable".
El-Erian a insisté sur le fait que ces transformations rapides, qu'elles soient géopolitiques ou technologiques, obligent les grandes puissances, y compris l'Arabie Saoudite, à se concentrer sur la diversification économique, à renforcer le capital humain et à investir dans des secteurs vitaux pour renforcer la résilience.
Il a souligné que réussir dans ce monde en mutation nécessite de posséder trois éléments clés : la flexibilité face aux chocs, la résilience et la capacité de se relever après les défis, et une pensée différente pour redéfinir les stratégies en accord avec la nouvelle réalité.
El-Erian a conclu en disant : "Ces caractéristiques aideront considérablement au niveau des marchés locaux et permettront aux économies d'apporter le changement approprié dans un monde en rapide transformation."