Bezhakian se rétracte sous la pression des Gardiens de la Révolution et intensifie son opposition à Washington

Le président iranien Masoud Bezhakian s'est partiellement rétracté de ses excuses qu'il avait présentées aux pays du Golfe concernant les attaques qui ont touché leurs territoires, après que ses déclarations ont suscité une forte vague de colère au sein des cercles du pouvoir à Téhéran, notamment parmi les Gardiens de la Révolution iranienne et le courant conservateur radical.
Bezhakian a affirmé, lors de déclarations faites aujourd'hui dimanche, que l'Iran ne cédera pas aux pressions militaires, soulignant que son pays "répondra avec force aux attaques américaines et israéliennes et ne se rendra pas".
Il a ajouté que les relations avec les pays voisins reposent sur la fraternité, mais a averti en même temps que toute attaque provenant des territoires de ces pays sera accueillie par une réponse directe de Téhéran.
Le président iranien a précisé que ce qui a été interprété comme des excuses ou une rétractation ne l'était pas, considérant que les États-Unis avaient délibérément déformé ses déclarations.
Il a déclaré que "l'Amérique a transformé mes excuses en capitulation dans une tentative de semer la discorde entre l'Iran et ses voisins".
Bezhakian a indiqué que "le peuple iranien et ses forces armées sont présents dans tout le pays et prêts à le défendre", affirmant que l'Iran ne cédera à aucune forme de "agression ou de tyrannie".
* Critiques sévères des conservateurs
Les précédentes déclarations de Bezhakian ont suscité des critiques acerbes de la part de personnalités éminentes du courant conservateur, où le député et religieux radical Hamid Rasai l'a attaqué sur les réseaux sociaux, considérant que la position du président "est faible, non professionnelle et inacceptable".
Le président du pouvoir judiciaire iranien, Gholam Hossein Mohseni Ejei, a également souligné que Téhéran continuera de cibler ce qu'il a qualifié de "points d'agression" dans les pays voisins, accusant certains de ces pays de mettre leurs capacités au service de "l'ennemi".
Selon des rapports médiatiques, les déclarations de Bezhakian ont irrité un grand nombre de dirigeants des Gardiens de la Révolution, ce qui l'a poussé par la suite à supprimer la phrase d'excuses lorsqu'il a rediffusé ses déclarations sur les réseaux sociaux, dans une démarche considérée comme une rétractation claire sous la pression des radicaux.
* Inquiétude interne et accélération du choix du guide
Ces développements interviennent dans un contexte d'inquiétude croissante au sein de la direction iranienne, où plusieurs grands religieux ont appelé à accélérer le travail de l'organe religieux responsable de la sélection du nouveau guide suprême après l'assassinat d'Ali Khamenei.
Dans ce contexte, le religieux Ayatollah Nouri Hamdani a appelé à accélérer le processus, affirmant que cela est nécessaire "pour contrecarrer l'ennemi et préserver l'unité de la nation".
* Gardiens de la Révolution : capables d'une longue guerre
De son côté, le Corps des Gardiens de la Révolution islamique a déclaré que ses forces sont capables de poursuivre une "guerre acharnée pendant au moins six mois" contre les États-Unis et Israël, indiquant qu'il a ciblé plus de 200 sites américains et israéliens dans la région depuis le début des affrontements.
En revanche, le président américain Donald Trump a affirmé que les forces américaines ont réalisé des "victoires rapides et sans précédent" à l'intérieur de l'Iran.
Dans une interview avec CBS, il a déclaré que l'armée américaine "a détruit les missiles et les drones iraniens et a presque complètement coulé la marine iranienne".
Trump a également promis de poursuivre les frappes militaires contre des sites à l'intérieur de l'Iran, affirmant que les opérations se poursuivront jusqu'à l'atteinte de leurs objectifs.
* La guerre entre dans sa deuxième semaine
Ces développements interviennent alors que la guerre qui a éclaté le 28 février entre l'Iran d'une part et les États-Unis et Israël d'autre part entre dans sa deuxième semaine, au milieu d'estimations américaines et israéliennes selon lesquelles les opérations militaires pourraient se poursuivre pendant plusieurs semaines supplémentaires.