Un accord médiatique suscite la controverse en Israël.. «la chaîne 13» entre argent et politique

Des journalistes mettent en garde contre «un coup porté à l'indépendance médiatique»
Un certain nombre de journalistes israéliens ont lancé un appel au milliardaire britannique Leonard Blavatnik pour qu'il stoppe la vente de sa part d'environ 15 % de la chaîne, avertissant que l'accord pourrait ouvrir la porte à des changements fondamentaux dans la ligne éditoriale de l'institution médiatique.
Le Guardian a rapporté que la chaîne était connue pour sa couverture critique du gouvernement israélien, notamment en ce qui concerne les enquêtes liées à Netanyahou, ce qui a accru la sensibilité de l'accord proposé.
Un homme d'affaires entre en scène
Selon des rapports médiatiques, l'homme d'affaires du secteur des télécommunications Patrick Drahi devrait acquérir la part proposée, étant propriétaire de médias jugés moins critiques envers le gouvernement, ce qui suscite des inquiétudes quant aux impacts potentiels sur la politique éditoriale de la chaîne.
Accusations de compromettre la liberté de la presse
Le syndicat des journalistes israéliens a estimé que l'accord pourrait représenter un recul grave de la liberté des médias, le qualifiant de partie d'un plan plus large pour contrôler le paysage médiatique avant les élections.
Pour sa part, la responsable de la liberté de la presse au syndicat, Anat Saragusti, a averti qu'un investissement important de la part du nouveau propriétaire pourrait lui donner un pouvoir réel sur la gestion de la chaîne, ce qui pourrait se refléter sur l'indépendance du contenu.
Elle a également exprimé des inquiétudes concernant des licenciements potentiels de journalistes, citant ce qui s'est passé au Washington Post sous la propriété du milliardaire Jeff Bezos.
En revanche, une coalition d'entrepreneurs technologiques a présenté une offre concurrente pour acquérir une part plus importante de la chaîne avec la promesse d'investissements plus larges, tandis que les négociations se poursuivent sans décision finale.
La société Access Industries, propriétaire de la part de Blavatnik, a nié toute pression politique derrière l'accord, affirmant que la décision reposait sur des considérations économiques liées au soutien de la stabilité financière de la chaîne et à l'accélération de sa transformation numérique.
Une bataille plus large pour l'avenir des médias
L'accord intervient dans un contexte d'accusations croissantes contre le gouvernement d'essayer de remodeler le paysage médiatique, à travers des mesures légales et des pressions politiques sur les médias et les journalistes d'investigation, ce qui suscite un large débat sur l'avenir de la pluralité médiatique en Israël.