Walid Joumblatt : Pas d'opposition à un référendum populaire sur l'adhésion aux accords d'Abraham

"L'ère israélienne"... et la recherche d'une solution à deux États
Dans une déclaration à la chaîne libanaise "MTV", Joumblatt a déclaré que le Liban est entré dans ce qu'il a qualifié d'"ère israélienne", mais a souligné que cela ne signifie pas se soumettre aux conditions israéliennes ou abandonner la demande fondamentale d'une solution basée sur deux États.
Il a confirmé que le destin de la Cisjordanie "s'oriente vers le destin de la bande de Gaza", en soulignant que les promesses faites par l'ancien président américain Donald Trump sont "irréalisables".
Entre Israël et l'Iran... Pressions mutuelles sur le Liban
Joumblatt a estimé que le Liban ne lie pas son avenir à une solution à deux États, mais vit "entre le marteau israélien et l'enclume de la République iranienne", affirmant que Téhéran se méprend en pensant pouvoir utiliser le Liban comme un atout de négociation avec les États-Unis.
Le cheikh Naïm Qassem, vice-secrétaire général du Hezbollah, a appelé à comprendre que l'Iran "ne peut pas utiliser le Liban ou une partie des chiites libanais pour améliorer les conditions de négociation concernant son programme nucléaire ou autre".
Les armes du Hezbollah... et des questions sur les frappes israéliennes
Joumblatt a indiqué qu'il avait entendu "des informations selon lesquelles 90 % des armes stratégiques majeures du Hezbollah ont été détruites", se demandant : "Si c'est le cas, pourquoi les Israéliens continuent-ils à frapper le Liban ? Est-il nécessaire de déplacer toute la communauté chiite ?"
Tout en saluant "les sacrifices des martyrs du Hezbollah qui sont tombés pour défendre le Liban", il a appelé à un débat interne au sein du parti pour "ne pas redevenir un outil aux mains de l'Iran".
Accord de cessez-le-feu de 1949 : Dernières cartes du Liban ?
Joumblatt a considéré que l'accord de cessez-le-feu de 1949 reste la base de la relation entre le Liban et Israël, s'interrogeant sur la possibilité de "sauter immédiatement au-dessus" en l'absence d'indications d'une réelle volonté de paix de la part d'Israël.
Il a ajouté : "Quelles sont les cartes que possède le Liban en dehors du cessez-le-feu ?" soulignant l'importance du rôle joué par l'armée libanaise dans le sud "pour saisir les armes stratégiques".
Appel à renforcer l'armée libanaise : 10 000 soldats supplémentaires
Le leader druze a salué le rôle de l'armée libanaise, appelant à renforcer ses capacités humaines et logistiques en recrutant au moins 10 000 éléments supplémentaires, compte tenu du besoin urgent de renforcer l'institution militaire face aux défis sécuritaires actuels.
Multiples messages américains : "Qui parle au nom de Washington ?"
Joumblatt a évoqué la rencontre qu'il a eue avec une délégation américaine, la qualifiant de "multitude d'opinions", et exprimant son désir de savoir "qui parle réellement au nom des États-Unis", faisant part de sa conviction que l'ambassadeur américain à Beyrouth, Aïssa, proche du président Trump, est capable de clarifier cette confusion.
Il a critiqué les déclarations de Morgan Ortagus, adjointe à l'envoyé spécial américain au Moyen-Orient, concernant la création d'une zone économique sur les décombres de Gaza ou du Liban, la qualifiant d'"inacceptable".
La chute d'Assad : "Justice divine" et victoire pour le peuple syrien
Dans un autre contexte, Joumblatt a considéré que la chute du président syrien Bachar el-Assad après de longues décennies au pouvoir constitue "une grande victoire" pour le peuple syrien et pour la majorité des Libanais, qualifiant ce qui s'est passé de "destin de tout tyran, peu importe le temps que cela prend".
Il a déclaré que ce développement représente pour lui "un retour au droit" pour lui-même, pour le président Saad Hariri et pour les martyrs de l'Intifada du 14 mars, notant que la révélation du sort de milliers de Syriens enterrés dans les déserts rappelle la "profondeur de la tragédie".