La justice turque s'attaque à l'opposition : menaces de prison et d'interdiction politique pour les dirigeants du « Parti républicain du peuple »

Des accusations lourdes pèsent sur des noms éminents
Le parquet a porté des accusations contre 12 personnes, dont le maire d'Istanbul emprisonné Ekrem İmamoğlu, pour avoir tenté de soudoyer des membres du parti et d'influencer le résultat du vote qui a conduit à l'élection d'une nouvelle direction.
Selon l'agence Bloomberg, l'affaire concerne des allégations de désinformation des membres du parti pour influencer les résultats du congrès interne.
Scénarios de prison et d'interdiction
En cas de condamnation, les accusés pourraient faire face à des peines de prison allant jusqu'à trois ans, ainsi qu'à une interdiction politique potentielle, ce qui pourrait constituer un coup dur pour les ambitions de dirigeants d'opposition éminents dans une période politique délicate.
Le jugement attendu pourrait également avoir des répercussions sur un appel distinct qui est encore en cours, visant à annuler les résultats du vote qui ont abouti à la direction actuelle du parti.
Ascension d'Özil et déclin de « la justice et du développement »
Le congrès de 2023 a abouti à l'élection d'Özgür Özel en tant que leader du parti, une étape considérée à l'époque comme un tournant au sein de l'opposition. Depuis qu'il a pris la direction, il lui a été attribué le mérite d'animer le parti et de renforcer sa présence populaire, atteignant un succès notable lors des élections locales de 2024 aux dépens du Parti de la justice et du développement dirigé par le président Recep Tayyip Erdoğan.
Ces développements mettent la scène politique turque à l'épreuve, où les considérations judiciaires pourraient interagir avec les équilibres partisans, dans un pays où la politique ne se sépare pas des couloirs des tribunaux.