La force de l'euro met la Banque centrale européenne face à un test difficile… Va-t-elle envisager une baisse des taux d'intérêt ?
January 28, 2026261 VuesTemps de lecture: 4 minutes

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La Banque centrale européenne surveille de près l'impact de l'augmentation continue de la valeur de l'euro sur le parcours de l'inflation, au milieu de questions croissantes sur le marché concernant la possibilité que la force de la monnaie entraîne une baisse des taux d'intérêt dans un avenir proche.
Köcher : Une baisse des taux est une option envisageable
Le gouverneur de la Banque centrale autrichienne et membre du Conseil des gouverneurs de la BCE, Martin Köcher, a déclaré que la banque pourrait être contrainte d'envisager une nouvelle baisse des taux d'intérêt si les hausses supplémentaires du taux de change de l'euro commençaient à avoir un impact négatif sur les prévisions d'inflation.
Il a expliqué, dans une interview avec le Financial Times, que les gains actuels de l'euro par rapport au dollar restent "limités" et ne justifient pas une réaction immédiate, mais a souligné que toutes les options restent ouvertes si la monnaie continue de s'apprécier.
Le taux de change n'est pas l'objectif
Köcher a affirmé que tout mouvement potentiel dans la politique monétaire ne serait pas dû au taux de change en lui-même, mais à son impact direct sur l'inflation, en disant :
"Si l'euro continue de s'apprécier de plus en plus, cela pourrait à un moment donné être une raison de réagir, non pas à cause du taux de change, mais parce qu'il se traduit par une baisse de l'inflation."
Tensions internationales pesant sur le dollar
Les décideurs politiques suivent la performance du dollar américain, qui continue de reculer face à l'euro et à d'autres devises, dans un contexte de tensions politiques et commerciales entre les États-Unis et l'Union européenne, sur fond de dossier du Groenland.
Les investisseurs se sont également tournés vers la diversification de leurs investissements loin des actifs américains, en raison des risques associés aux politiques de l'administration du président américain Donald Trump.
L'euro à son plus haut niveau depuis 4 ans
Les spéculations concernant un éventuel mouvement conjoint entre les États-Unis et le Japon pour soutenir le yen ont contribué à approfondir les pertes du dollar, l'euro atteignant, mardi, 1,199 dollar, enregistrant son plus haut niveau depuis plus de quatre ans.
Impact direct sur les prix des importations
Köcher a indiqué que la poursuite de la force de l'euro pourrait entraîner une baisse des prix des importations, soulignant que la monnaie chinoise est "sous-évaluée structurellement" par rapport à l'euro.
Il a ajouté que l'augmentation de la monnaie unique pourrait affaiblir la compétitivité européenne par rapport à l'économie américaine.
Aucun niveau spécifique ne suscite d'inquiétude
Malgré des avertissements antérieurs selon lesquels le dépassement de l'euro au-dessus de 1,20 dollar pourrait devenir "compliqué", Köcher a refusé de préciser un chiffre qui le préoccupe, affirmant que l'objectif principal est l'inflation, et non le taux de change.
Incertitude due aux tarifs et aux tensions
Köcher a indiqué que le récent recul américain sur l'imposition de droits de douane sur l'Europe n'annule pas les risques de tensions commerciales, avertissant que ces risques pourraient persister dans un avenir prévisible, rendant difficile l'établissement d'évaluations décisives concernant la politique monétaire.
Optimisme prudent sur la croissance de la zone euro
Malgré les fluctuations du commerce mondial, Köcher a déclaré que l'économie de la zone euro a montré une résilience meilleure que prévu, exprimant un optimisme prudent concernant la croissance cette année.
Maintien des taux en février
Köcher a confirmé qu'il ne voit pas actuellement la nécessité de modifier les taux d'intérêt, avant la réunion de la BCE prévue en février prochain, où il est largement attendu que les taux restent à 2 % pour la cinquième fois consécutive.
La flexibilité est la priorité de la prochaine étape
Köcher a conclu en disant que maintenir une flexibilité totale dans la politique monétaire est l'option la plus logique dans un contexte d'incertitude entourant l'économie mondiale.