Le Conseil de sécurité approuve la dernière prolongation de la mission à Hodeïda au Yémen

Dans une démarche qui reflète un changement clair dans la position internationale envers la mission des Nations Unies pour le soutien à l'accord de Hodeïda (UNMHA), le Conseil de sécurité des Nations Unies a adopté, hier soir mardi, une résolution prolongeant la mission jusqu'au 31 mars 2026, au milieu d'une conviction croissante de son échec à réaliser des avancées significatives depuis sa création il y a sept ans.
La résolution, numérotée 2813 et présentée par le Royaume-Uni, a été soutenue par 13 pays, tandis que la Russie et la Chine se sont abstenues de voter, signalant une division au sein du Conseil concernant l'avenir de la présence onusienne dans la ville de Hodeïda au Yémen.
* Plan de fin et transfert des missions
La résolution demande au Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, de préparer un plan global _en consultation avec les parties yéménites_ qui inclut le transfert des missions restantes de la mission au bureau de l'envoyé spécial des Nations Unies au Yémen, ainsi que l'établissement d'arrangements pour le retrait organisé et sécurisé des membres de la mission et de ses actifs, ce qui prépare effectivement à la fin du travail de "UNMHA".
Le représentant britannique auprès des Nations Unies, Archie Young, a exprimé son espoir pour un transfert "organisé et durable" des responsabilités de la mission au bureau de l'envoyé spécial, affirmant l'engagement continu du Conseil de sécurité envers les accords de Hodeïda et de Stockholm, et soutenant les efforts onusiens visant à faciliter le processus de paix au Yémen.
* Réserves russes et chinoises
En revanche, la vice-représentante de la Russie auprès des Nations Unies, Anna Evstigneeva, a estimé que la mission "UNMHA" avait joué un rôle important depuis sa création dans le renforcement de la stabilité, la surveillance de l'application de l'accord de Stockholm, et le maintien du caractère civil des ports yéménites, considérant que sa dissolution pourrait affaiblir les chances de construire la confiance et de préparer le terrain pour un dialogue yéménite inclusif.
Quant à l'ambassadeur chinois, Fu Cong, il a averti que le retrait dans deux mois pourrait être "précipité", appelant le Conseil de sécurité à faire preuve de patience et à évaluer la situation sur le terrain à Hodeïda, de peur que cela ne perturbe la stabilité et n'allume un nouveau cycle de conflit, soulignant que la mission avait maintenu pendant sept ans des canaux de communication avec les deux parties au conflit, surveillé le cessez-le-feu et mené des activités humanitaires.
* Reconnaissance internationale de l'échec de la mission
Selon le projet de résolution, la présence sur le terrain de la mission sera progressivement réduite, une démarche qualifiée par les observateurs de reconnaissance internationale explicite de l'incapacité de "UNMHA" à réaliser des progrès substantiels dans l'application de l'accord de Stockholm signé en décembre 2018.
Le mandat actuel de la mission devait se terminer le 28 janvier 2026, selon le dernier prolongement émis par la résolution 2786 en juillet 2025.
* Environnement complexe et incapacité sur le terrain
Dans un rapport précédent, le Secrétaire général des Nations Unies a indiqué que la mission opérait dans un environnement sécuritaire extrêmement complexe et faisait face à de grands défis dans l'exécution de son mandat, notamment en raison de la poursuite des attaques houthis dans la mer Rouge et de la cible des zones civiles, ce qui a limité sa capacité à appliquer les termes de l'accord de Hodeïda.
Le rapport a souligné que le groupe houthi considère toute fin de la mission comme une annulation officielle de l'accord, ce qui reflète la dimension politique et symbolique de la présence onusienne, malgré l'incapacité continue à imposer les engagements sur le terrain.
* Intégration de la mission et restructuration
Guterres a proposé d'intégrer la mission "UNMHA" au bureau de l'envoyé spécial au Yémen, Hans Grundberg, afin de renforcer la coordination entre les voies politique, humanitaire et sécuritaire, et d'unifier les efforts pour obtenir des résultats plus efficaces.
Les analystes estiment que le maintien de la mission dans sa forme actuelle a donné aux Houthis une marge de manœuvre politique et militaire, tandis que des parties internationales poussent en faveur d'une restructuration des missions onusiennes pour garantir une meilleure supervision et obtenir des résultats tangibles.
Pour sa part, le gouvernement yéménite affirme que la mission "UNMHA" a échoué depuis sa création en 2019 à imposer les engagements, à garantir le retrait militaire, à protéger les civils et à empêcher l'exploitation des ports.
* Sept ans sans avancée
Il convient de rappeler que la mission "UNMHA" a été créée en 2019 pour soutenir l'accord de Stockholm entre le gouvernement yéménite et les Houthis, et a pris en charge les tâches de surveillance du cessez-le-feu, de facilitation du redéploiement des forces, et de soutien aux opérations humanitaires dans les ports de Hodeïda, mais les complexités sécuritaires et politiques ont empêché toute avancée réelle, mettant fin à sa mission aujourd'hui sur fond de grandes questions sur l'efficacité des interventions internationales dans le conflit yéménite.