Disparition de "l'arbre de Khartoum" : que s'est-il passé avec la forêt historique de l'acacia ?

La forêt de l'acacia, connue sous le nom de "l'arbre de Khartoum", est passée d'une réserve naturelle ancienne à un paysage choquant de terre dénudée, après avoir été complètement détruite en raison de l'abattage illégal d'arbres depuis le début de la guerre au Soudan à la mi-avril 2023.
Un photographe soudanais a documenté les scènes de la forêt détruite, qui se sont rapidement répandues sur les réseaux sociaux, révélant l'énorme destruction qui a frappé cet espace naturel unique, qui occupait une superficie d'environ 1500 hectares sur la rive est du Nil blanc, à la confluence des Nils blanc et bleu, dans un emplacement géographiquement et écologiquement rare.
* Une forêt historique et un écosystème complet
La forêt a été officiellement établie comme une réserve naturelle en 1939, et elle était célèbre pour ses arbres d'acacia résistants aux inondations et aux conditions climatiques extrêmes, tout en formant un habitat pour des écosystèmes complets.
De plus, la forêt d'acacia était l'un des zones humides classées au niveau mondial, inondée pendant environ 6 mois par an sans perdre son équilibre écologique, ce qui lui a permis d'être classée parmi les sites de valeur mondiale selon les critères de l'UNESCO.
* Un refuge pour les oiseaux et la faune
La forêt n'était pas seulement un espace vert, mais un refuge sûr pour les oiseaux migrateurs d'Europe, d'Asie et d'Afrique, qui l'accueillaient comme une station de transit naturelle. Elle abritait également des dizaines d'espèces d'oiseaux locaux et rares, ainsi que des reptiles, des insectes et de petits animaux sauvages, ce qui en faisait un écosystème complet pendant plus d'un siècle.
* Une institution scientifique vivante
En 1946, une école de spécialistes des forêts a été créée au sein de la forêt, formant la première génération de techniciens forestiers soudanais et contribuant à des projets de reboisement nationaux.
Ainsi, la forêt n'était pas seulement un poumon naturel pour la capitale, mais une institution scientifique vivante, contribuant à la protection de l'environnement et à la surveillance des migrations animales.
* Une catastrophe environnementale menaçant Khartoum
Aujourd'hui, après cette destruction massive, Khartoum a perdu son "poumon" naturel.
Des experts forestiers ont averti que l'abattage d'arbres à cette échelle accélérera la désertification, la dégradation des sols, la pollution de l'air et de l'eau, perturbera le cycle des pluies et aggravera le changement climatique, affirmant que l'écosystème qui a duré des décennies s'est complètement effondré.
Les images de la forêt détruite sur les réseaux sociaux sont choquantes et soulèvent des questions sur l'avenir de l'environnement urbain à Khartoum et la capacité de la ville à résister aux effets de la désertification et de la pollution sans ce poumon vert qui la protégeait depuis des décennies.