Des frappes israéliennes sur Baalbek font des morts, dont un dirigeant du Hezbollah

Dans une nouvelle escalade qui menace d'aggraver les tensions sur la scène libanaise, des dizaines de personnes ont été tuées ou blessées tôt ce samedi matin à la suite de frappes israéliennes ciblant la région de Baalbek, dans l'est du Liban, tandis que des rapports indiquent qu'un dirigeant éminent du Hezbollah figure parmi les victimes.
* Un dirigeant éminent parmi les morts
Selon des journalistes, les frappes ont fait au moins 10 morts, dont 3 membres du Hezbollah, dont le dirigeant Hussein Yaghi.
Des sources ont également rapporté la mort du fils de l'ancien député Mohammed Yaghi, qui était l'assistant du secrétaire général décédé du parti, Hassan Nasrallah.
Une source au sein du Hezbollah a déclaré à l'Agence France-Presse qu'un de ses chefs militaires figurait parmi les morts lors des frappes visant des installations du parti dans la région de la Bekaa.
* Frappes intensives sur la Bekaa et la chaîne orientale
L'armée israélienne a mené au moins quatre frappes sur la chaîne orientale à la frontière libano-syrienne, ciblant la ville de Shaara, à l'est de Nabi Sheet dans la Bekaa, les frappes ayant également touché la plaine de Badnayel et Tamnine al-Tahta.
Pour sa part, l'Agence nationale d'information a rapporté que le bilan initial des frappes israéliennes dans la Bekaa s'élevait à six morts et plus de 25 blessés répartis dans les hôpitaux de la région.
L'armée israélienne a déclaré avoir ciblé des installations du Hezbollah à Baalbek, accusant le parti de travailler "systématiquement à repositionner ses actifs au milieu de populations civiles".
* Ain el-Hilweh sous le feu
Les frappes ne se sont pas limitées à la Bekaa, car elles sont survenues quelques heures après une frappe israélienne visant le camp de Ain el-Hilweh, le plus grand camp de réfugiés palestiniens au Liban, adjacent à la ville de Saïda, au sud du pays.
La frappe a fait deux morts, selon le ministère libanais de la Santé.
L'armée israélienne a déclaré avoir ciblé un site appartenant au Hamas, indiquant qu'elle agissait contre "l'ancrage de l'organisation Hamas au Liban", promettant de continuer à cibler ses éléments "partout où ils opèrent".
En revanche, le Hamas a condamné l'attaque, la considérant comme une attaque contre un site appartenant à la force de sécurité conjointe responsable du maintien de l'ordre dans le camp, et a qualifié le récit de l'armée israélienne de "prétextes fallacieux qui ne tiennent pas devant les faits", affirmant que des victimes civiles étaient à déplorer.
* Malgré le cessez-le-feu
Les frappes israéliennes se poursuivent malgré l'accord de cessez-le-feu conclu en novembre 2024 après plus d'un an d'affrontements entre Israël et le Hezbollah.
Israël affirme cibler des sites du parti, mais touche parfois des sites qu'elle dit appartenir au Hamas.
* Un plan libanais de désarmement
Parallèlement, le gouvernement libanais s'était engagé l'année dernière à désarmer le Hezbollah, qui est sorti affaibli de la dernière guerre avec Israël, après la mort de milliers de ses combattants et d'un grand nombre de ses dirigeants, dont son secrétaire général Hassan Nasrallah et son chef militaire Fouad Chekhar.
L'armée libanaise a annoncé le mois dernier avoir achevé la première phase d'un plan s'étendant de la frontière sud jusqu'au fleuve Litani, tandis que la deuxième phase concerne la région s'étendant au nord du Litani jusqu'au fleuve Awali, qui se jette au nord de Saïda, à environ 40 kilomètres au sud de Beyrouth.
Cependant, Israël, qui accuse le Hezbollah de se réarmer, a qualifié les progrès réalisés par l'armée libanaise d'insuffisants, ce qui laisse la scène ouverte à une nouvelle escalade dans les prochaines étapes.