La radio Ekot a rapporté aujourd'hui jeudi que les exportations d'armes suédoises vers la Turquie ont connu une augmentation significative depuis l'adhésion de la Suède à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN), avec une hausse de 109 % des équipements militaires en 2025 par rapport à 2024. Avant l'adhésion de la Suède à l'alliance, Stockholm n'exportait aucune arme vers Ankara.
Surveillance légale des exportations d'armes
L'Autorité de contrôle des produits stratégiques (ISP), l'organisme responsable de la surveillance des exportations d'armes en Suède, a indiqué qu'il n'existe pas d'interdiction européenne empêchant la vente d'armes à la Turquie, ce qui permet légalement ces exportations.
La sécurité européenne en priorité
Paul Levin, directeur de l'Institut d'études turques de l'Université de Stockholm, a déclaré que les questions de sécurité sont devenues une priorité en Europe, surtout après le déclenchement de la guerre en Ukraine, ce qui explique l'orientation suédoise vers le renforcement de la coopération militaire avec Ankara.
Renforcement de la cohésion de l'OTAN
Cette proximité s'inscrit dans des efforts plus larges au sein de l'OTAN pour renforcer sa cohésion interne face aux défis de sécurité croissants. La Turquie est considérée comme un acteur clé au sein de l'alliance, ce qui lui confère un poids politique dans les dossiers d'expansion et de négociations, y compris la levée des restrictions sur l'exportation d'armes vers son territoire.
Exigences de la Turquie et rôle de la Suède
Ankara avait conditionné la levée de l'interdiction des armes comme l'une de ses principales exigences pour accepter l'adhésion de la Suède à l'OTAN, à laquelle le gouvernement suédois a répondu rapidement. Malgré l'opposition antérieure de la Turquie à l'adhésion de Stockholm et d'Helsinki à l'alliance sous prétexte de leur soutien au Parti des travailleurs du Kurdistan et au mouvement "Gülen", le déclenchement de la guerre russo-ukrainienne a accéléré le processus d'adhésion, en particulier pour la Finlande qui partage une longue frontière avec la Russie.
Reformulation des priorités européennes
Les observateurs estiment que l'évolution actuelle reflète un réarrangement des priorités politiques en Europe, avec une nécessité croissante de maintenir l'unité des positions au sein de l'OTAN, même si cela se fait au détriment d'une diminution des critiques à l'encontre de certains partenaires.