Des rapports médiatiques ont révélé que Google, filiale d'Alphabet, est en négociations avec le Pentagone pour conclure un accord permettant l'utilisation de ses modèles d'intelligence artificielle "Gemini" dans des environnements secrets.
Selon le site "The Information", les discussions se concentrent sur la possibilité pour le département de la Défense américain de déployer des outils d'intelligence artificielle dans des "applications légitimes", dans le cadre de partenariats technologiques avancés.
Restrictions proposées pour empêcher l'utilisation militaire incontrôlée
Parmi les propositions, Google cherche à inclure des clauses contractuelles interdisant l'utilisation de ses technologies pour :
la surveillance de masse aux États-Unis
le développement d'armes autonomes sans supervision humaine
Ces clauses reflètent la tentative de l'entreprise de trouver un équilibre entre l'expansion de ses activités gouvernementales et la réduction des risques éthiques liés à l'utilisation de l'intelligence artificielle.
Le Pentagone renforce ses partenariats en intelligence artificielle sans confirmer l'accord
Pour sa part, un responsable du Pentagone a confirmé que le département continue de développer ses capacités en matière d'intelligence artificielle à travers de larges partenariats industriels, sans confirmer l'existence d'un accord final avec Google pour le moment.
Cette démarche s'inscrit dans une tendance américaine plus large d'intégration de l'intelligence artificielle dans les opérations militaires et administratives, visant à réduire les coûts et à accélérer les performances.
Transformations dans les politiques des entreprises technologiques concernant la coopération militaire
En parallèle de ces développements, OpenAI a modifié en mars dernier ses conditions de coopération avec le département de la Défense américain, suite à des critiques concernant la possibilité d'utiliser l'intelligence artificielle pour la surveillance.
Le PDG Sam Altman a confirmé que les nouvelles modifications interdisent l'utilisation des technologies de l'entreprise pour la surveillance de masse, soulignant la priorité de la protection des droits civils.
Le recul de Google sur des engagements antérieurs suscite la controverse
Il convient de noter que Google avait modifié en 2025 ses principes concernant l'intelligence artificielle, revenant sur un engagement antérieur de ne pas utiliser ces technologies dans des applications pouvant causer un préjudice public, telles que le développement d'armes ou d'outils de surveillance.
Cependant, l'entreprise a réaffirmé son engagement envers le droit international et les droits de l'homme, indiquant qu'elle cherche à atteindre un équilibre entre innovation technologique et réduction des risques.
Une course aux contrats gouvernementaux suscite des divisions au sein de Google
La direction de l'entreprise, dirigée par Sundar Pichai, cherche à élargir la coopération avec le gouvernement fédéral, ce qui a conduit à des débats internes et à des objections de certains employés.
Il est à noter que Google s'est retiré en 2018 d'un projet militaire massif avec le Pentagone d'une valeur de 10 milliards de dollars, en raison de préoccupations concernant sa conformité avec ses principes éthiques à l'époque.