Crise pétrolière mondiale : Goldman Sachs prévoit des prix au-dessus de 100 dollars

Les inquiétudes ont augmenté sur les marchés de l'énergie mondiaux après l'avertissement de la banque Goldman Sachs selon lequel la poursuite des perturbations de l'approvisionnement en pétrole en provenance de la région du Golfe pourrait faire grimper les prix du pétrole au-delà de 100 dollars le baril dans un avenir proche, si la guerre se poursuivait et que la production et l'exportation étaient affectées.
Ces avertissements surviennent à un moment sensible pour les marchés de l'énergie, où les estimations des institutions financières et de conseil suggèrent qu'une grande partie de la production pétrolière pourrait s'arrêter dans un court laps de temps si les tensions militaires dans la région se poursuivent.
Dans ce contexte, le président américain Donald Trump a insinué mardi la possibilité d'accompagner les pétroliers traversant le détroit d'Ormuz par la marine américaine si nécessaire, dans une démarche visant à protéger le commerce maritime et garantir la continuité de l'approvisionnement énergétique sur les marchés mondiaux.
Il a également révélé qu'il avait demandé à l'Agence américaine de financement du développement international de fournir des garanties d'assurance contre les risques politiques auxquels pourraient faire face les navires commerciaux dans le Golfe.
Pour sa part, la banque JP Morgan a expliqué que le remplissage des installations de stockage de pétrole pourrait prendre du temps avant que les entreprises ne soient contraintes de fermer certains champs pétroliers.
Selon ses estimations, plus de 3 millions de barils par jour de production pétrolière pourraient s'arrêter d'ici dimanche si les conditions actuelles se poursuivent, tandis que le volume de production perturbée pourrait dépasser 5 millions de barils par jour si la guerre durait environ deux semaines et demie.
Dans une autre analyse, l'institution Energy Aspects a indiqué que l'Arabie Saoudite pourrait être en mesure de supporter le choc du secteur énergétique plus longtemps que certains pays voisins, grâce à ses options alternatives pour le transport du pétrole.
Elle a précisé que le royaume pouvait acheminer des millions de barils par jour via le pipeline Est-Ouest qui transporte le pétrole de la région orientale vers la mer Rouge, permettant ainsi son exportation loin du détroit d'Ormuz.
L'institution a également souligné que les prix actuels sur les marchés reflètent en grande partie des attentes d'une crise à court terme dans les approvisionnements, mais la poursuite des perturbations pourrait rapidement modifier cette estimation.
Dans ce même contexte, la société Wood Mackenzie a averti que la fermeture des champs pétroliers est une option très coûteuse.
Elle a pris l'exemple du champ de Rumaila en Irak, en indiquant que son arrêt pourrait entraîner des pertes d'environ 2,4 milliards de dollars par mois en revenus.
La société a ajouté que la remise en service des champs après leur fermeture pourrait prendre entre une semaine et deux semaines si l'arrêt est limité, mais un arrêt de production plus long pourrait nécessiter des travaux d'entretien supplémentaires et la rééquipement de certains puits avant de reprendre le pompage.
Ces avertissements reflètent l'état d'inquiétude croissante sur les marchés mondiaux face à la possibilité de perturbations étendues des approvisionnements en pétrole dans le Golfe, ce qui pourrait ouvrir la voie à une forte augmentation des prix si la crise se prolonge ou si le conflit s'étend.