Des responsables françaises se plaignent de l'impact des algorithmes sur les campagnes électorales

Ces accusations interviennent à l'approche des élections municipales en France, où les réseaux sociaux sont devenus un outil clé pour communiquer avec les électeurs et promouvoir les programmes politiques.
Accusations de ciblage du contenu vers un public masculin
La membre du conseil régional du parti des Verts, Élodie Gantois, a été l'une des principales à mettre en lumière cette question, indiquant que les algorithmes de "Facebook" et "Instagram" exposent son contenu politique davantage à un public masculin.
Elle a affirmé que près de 86 % des spectateurs de ses vidéos sont des hommes, considérant que cette répartition n'est pas liée à la nature des sujets qu'elle aborde, mais à son sexe en tant que femme.
Action directe pour contrer ce qu'elle qualifie de discrimination
Gantois a décidé de se rendre au siège de "Meta" à Paris pour demander des éclaircissements sur le fonctionnement des algorithmes, considérant que la classification du contenu politique en fonction du genre compromet l'égalité des chances dans la compétition électorale.
Elle a également souligné que les réseaux sociaux sont devenus un moyen essentiel pour les candidats de se présenter, mais elle estime que les algorithmes traitent le contenu qu'elle publie comme s'il était destiné à des fins non politiques.
Pétition avertissant des conséquences du phénomène
Environ 100 responsables élus, dont la plupart sont du parti des Verts et du parti socialiste ainsi que d'autres personnalités politiques, ont rejoint une pétition avertissant de l'impact de ces mécanismes sur les opportunités des femmes dans les campagnes électorales.
Les participantes ont affirmé que le biais algorithmique ne se limite pas à réduire l'accès au public, mais pourrait augmenter les risques de subir des abus et des menaces en ligne.
Avertissements des droits de l'homme sur l'impact des algorithmes sur la démocratie
Pour sa part, Amnesty International en France a précisé que ces biais techniques sont documentés, indiquant que les systèmes de recommandation peuvent pousser le contenu vers un public plus susceptible d'interagir négativement, ce qui pourrait renforcer le harcèlement ou les menaces contre les femmes dans le domaine politique.
Le député européen David Cormand a également averti que ce phénomène affecte particulièrement les responsables locaux qui manquent d'équipes médiatiques spécialisées pour gérer leur présence numérique.
Appels à la transparence et à l'égalité des chances
Les responsables ont demandé à "Meta" de fournir une plus grande transparence concernant les critères de recommandation du contenu politique, et d'assurer l'égalité d'accès des candidats et candidates au public, ce qui renforce la pluralité politique.
Pour sa part, "Meta" a confirmé que les systèmes d'affichage de contenu reposent sur des milliers d'indicateurs différents, tandis que les responsables estiment que mettre en lumière cette question vise à sensibiliser l'opinion publique à l'impact des plateformes numériques sur les processus démocratiques.