Escalade des combats au Sud-Kordofan et craintes de l'ONU concernant "la répétition des atrocités de El Fasher"

L'État du Sud-Kordofan au Soudan connaît, dans le contexte de la poursuite du conflit entre l'armée soudanaise et les forces de soutien rapide, une escalade militaire significative avec de nouveaux renforts et un durcissement du blocus sur des villes principales, au milieu d'avertissements de l'ONU concernant des conséquences humanitaires graves.
Des mouvements militaires des forces de soutien rapide ont été observés, y compris le transport de convois et de matériel militaire de l'État du Kordofan occidental vers plusieurs points dans la partie nord de l'État du Sud-Kordofan, selon des médias locaux. Ces renforts semblent viser à soutenir les forces du "Mouvement populaire" dirigé par Abdel Aziz al-Hilu, et à alléger la pression sur elles après des frappes menées par l'armée dans la région des montagnes de l'Est, qui a connu des combats intenses ces derniers jours.
Il est également supposé que l'objectif stratégique de ces renforts est de mener des attaques sur les villes assiégées de Dilling et Kadugli, dans une tentative de prendre le contrôle de Kadugli, la capitale de l'État, et de Dilling, la deuxième plus grande ville, renforçant ainsi l'influence des forces de soutien rapide dans cette région troublée.
De son côté, le Mouvement populaire a confirmé sa position concernant les deux villes, ayant déjà déclaré que "la libération des villes de Dilling et Kadugli n'est qu'une question de temps". Dans des déclarations précédentes, il a appelé l'armée à "se retirer et à quitter ces villes sans pertes", et a exhorté à "préserver la vie des civils et à protéger les villes de la destruction", tout en insistant sur "la nécessité d'ouvrir des corridors pour permettre aux citoyens de se rendre dans des zones sûres et de ne pas les empêcher de protéger leurs vies".
Les deux villes, sous le contrôle de l'armée, subissent un blocus sévère imposé par les forces du Mouvement populaire et des forces de soutien rapide depuis près de deux ans, entraînant une crise humanitaire marquée par une pénurie aiguë de nourriture et de services de santé, malgré les tentatives des organisations humanitaires d'effectuer des opérations de largage aérien d'aide.
Les deux villes subissent également des bombardements répétés, l'une des récentes frappes sur des installations civiles dans la région de Kadugli ayant fait près d'une centaine de morts, dont des dizaines d'enfants, et d'autres blessés, selon des sources locales.
Sur le plan international, les Nations Unies ont exprimé leur profonde inquiétude face à l'évolution de la situation dans la région. Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Volker Turk, a déclaré lors d'une conférence de presse : "Il est très préoccupé par la possibilité de répétition des atrocités commises à El Fasher au Kordofan".
Cette escalade dans la région stratégique du Kordofan survient après des semaines de combats violents, suite à la prise de contrôle des forces de soutien rapide en octobre dernier sur l'ensemble de la région du Darfour, à l'ouest du pays.
Il est à noter que le conflit qui dure depuis avril 2023 entre l'armée soudanaise et les forces de soutien rapide a causé, selon les estimations des Nations Unies, la mort de dizaines de milliers de personnes et le déplacement de plus de 12 millions de personnes, créant "la pire crise humanitaire" au monde, une crise qui semble s'aggraver avec la poursuite de l'escalade sur des fronts comme le Sud-Kordofan.