L'Azerbaïdjan se présente comme un intermédiaire régional... Le jeu de l'énergie et de la diplomatie au Moyen-Orient

Dans un développement marquant de son rôle régional, l'Azerbaïdjan a annoncé sa médiation entre Israël et la Syrie, et a révélé des accords énergétiques stratégiques avec Damas, alors que les incursions israéliennes sur le territoire syrien se multiplient. Le président azerbaïdjanais Ilham Aliyev semble déterminé à transformer son pays en un acteur clé dans les équations complexes du Moyen-Orient.
Aliyev a confirmé qu'une rencontre secrète avait eu lieu entre des responsables syriens et israéliens dans la capitale Bakou, une première depuis le renversement du régime Assad à la fin de 2024. Cette médiation intervient à un moment où la frontière syro-israélienne connaît des incursions répétées, l'armée israélienne ayant pénétré quatre fois dans la province de Quneitra rien qu'au mois d'août en cours.
Aliyev a révélé un accord quadripartite (Azerbaïdjan-Turquie-Syrie-Qatar) pour l'approvisionnement en gaz, la première phase ayant débuté en août avec un approvisionnement de 3,4 millions de mètres cubes par jour. Cet accord représente une bouée de sauvetage pour l'économie syrienne épuisée et ouvre la voie à une coopération régionale plus large dans le domaine de l'énergie.
Avec un financement qatari, le gaz azerbaïdjanais sera dirigé vers l'exploitation des centrales électriques syriennes, ce qui pourrait contribuer à résoudre la crise chronique de l'électricité que subissent les Syriens depuis des années.
Aliyev a également annoncé la disposition de son pays à jouer le rôle de médiateur entre la Turquie et Israël, après avoir réussi précédemment à soutenir la normalisation des relations entre les deux pays. Ce dossier représente un défi diplomatique complexe en raison des profondes divergences entre Ankara et Tel Aviv.
Dans une déclaration surprenante, Aliyev a exprimé son soutien à l'attribution du prix Nobel de la paix au président américain Donald Trump, le qualifiant de "leader qui veut la paix". Cette position reflète une alliance non déclarée entre Bakou et Washington sur plusieurs dossiers régionaux.
Malgré les ambitions azerbaïdjanaises, cette médiation fait face à des défis considérables :
- La profondeur des divergences historiques syro-israéliennes
- La poursuite des incursions israéliennes sur le territoire syrien
- La complexité du dossier nucléaire iranien et son impact sur la région
- La position de la Russie sur toute solution régionale qui ne garantit pas ses intérêts
La médiation azerbaïdjanaise représente un nouveau modèle de diplomatie régionale, où des pays autrefois considérés comme secondaires deviennent des acteurs principaux dans la construction de la paix. Mais son succès dépendra de sa capacité à dépasser les alliances traditionnelles et à créer de nouvelles équations qui servent les intérêts de toutes les parties.