Le procureur général de la capitale jordanienne Amman a convoqué aujourd'hui, mardi, un certain nombre de personnes, dont le député Wissam Al-Rabihats du Parti de la lutte islamique, le bras politique de la confrérie des Frères musulmans interdite en Jordanie, en raison de la réception de fonds et de virements financiers provenant de sources inconnues et en violation de la loi, selon l'agence de presse jordanienne.
Une source bien informée a révélé que les fonds collectés n'étaient pas issus d'une activité économique ou commerciale, et ne correspondaient pas à la nature des activités des personnes convoquées ou à leurs sources de revenus, ce qui a soulevé des soupçons quant à leur origine et à la manière dont ils ont été reçus.
La source a précisé que les personnes concernées n'avaient pas obtenu les autorisations nécessaires pour collecter ces fonds, mais avaient créé et géré des portefeuilles électroniques (Klick) pour recevoir les montants via plusieurs comptes bancaires, ce qui constitue une violation explicite de l'article 22 de la loi sur la cybercriminalité qui interdit la création de plateformes de collecte de fonds sans autorisation officielle.
Dans un développement ultérieur, le parquet a décidé d'émettre un mandat d'arrêt contre le député Wissam Al-Rabihats après qu'il ait refusé de se présenter, justifiant cela par son immunité constitutionnelle que le parquet a considérée comme non applicable étant donné que la session parlementaire n'est pas actuellement en cours.
Il est à noter que le député Al-Rabihats avait écrit sur sa page personnelle sur les réseaux sociaux :
"J'ai été convoqué par le procureur général d'Amman pour comparaître sans explication de l'affaire, je demande à Dieu que cela ne soit pas en raison de mon soutien à Gaza", et a appelé les habitants du quartier de Tafaileh à Amman, d'où il a remporté les élections, à se réunir pour discuter des conséquences de l'affaire.
Le ministre de l'Intérieur jordanien Mazen Al-Farayah avait annoncé en avril dernier l'interdiction de toutes les activités de la confrérie des Frères musulmans dissoute et l'a considérée comme une association illégale, affirmant que l'adhésion ou la promotion des idées de la confrérie expose son auteur à des poursuites judiciaires.