Une nouvelle attaque contre la statue de Ain Fouara suscite un large débat en Algérie

Coupe de la main et diffusion de la vidéo
Un individu inconnu a coupé la main de la statue située sur la place Ain Fouara dans la wilaya de Sétif, à environ 267 kilomètres à l'est de la capitale algérienne, mardi dernier.
Une vidéo documentant les dégâts a rapidement circulé sur les réseaux sociaux, déclenchant une vague de commentaires variés.
Entre demande de protection et appel à l'enlèvement
De nombreux internautes ont demandé à ce que la statue soit entourée d'une clôture et que les sanctions contre les agresseurs soient renforcées, considérant qu'elle fait partie de la mémoire collective de la ville.
En revanche, d'autres estiment que le débat continu autour de la statue justifie son transfert dans un musée, surtout si sa présence sur la place publique ne fait pas l'unanimité parmi les habitants.
Une histoire de statue datant du XIXe siècle
L'historien Abdelhak Chikhi a expliqué que la statue a été sculptée en 1898 par l'artiste français Francis de Saint-Vidal, représentant une femme de Sétif. Elle a été dévoilée pour la première fois au musée du Louvre lors des célébrations du dixième anniversaire de la construction de la tour Eiffel.
Il a ajouté que le gouverneur militaire de Sétif à l'époque avait demandé que la statue soit offerte à la ville, pour être installée au-dessus d'une grande fontaine en juillet de la même année, et depuis lors, elle est devenue un symbole architectural et touristique majeur.
Une histoire de vandalisme et de restauration
Ce n'était pas le premier incident, car la statue avait été victime d'un attentat à la bombe en 1997, la réduisant en morceaux, avant d'être restaurée et remise à sa place. Elle a également subi par la suite des tentatives répétées de destruction, étant restaurée à chaque fois à un coût jugé élevé à l'époque.
Malgré le débat renouvelé, la statue de Ain Fouara et sa fontaine restent un point de passage principal pour les visiteurs de Sétif, qui ont l'habitude de s'arrêter pour boire son eau et prendre des photos, dans une scène qui incarne l'interaction entre l'histoire, l'art et l'identité locale.