Augmentation de 30 % des prix du gaz en Europe en raison des tensions au Moyen-Orient

Les marchés de l'énergie mondiaux ont connu une forte perturbation avec l'escalade de la guerre au Moyen-Orient, les prix du gaz naturel en Europe ayant augmenté de 30 % en une seule journée, l'une des plus grandes hausses depuis la précédente crise énergétique.
Cette hausse est survenue après que les prix du pétrole ont dépassé 100 dollars le baril, alors que les tensions militaires et l'interruption du transport maritime à travers le détroit d'Hormuz ont suscité une large inquiétude sur les marchés mondiaux, poussant les opérateurs à se précipiter pour sécuriser les approvisionnements.
* Perturbation des approvisionnements dérègle les marchés
Alors que le conflit entre dans son dixième jour sans aucun signe d'apaisement, les contrats à terme standard du gaz en Europe ont fortement augmenté, enregistrant les plus grands gains hebdomadaires depuis des années.
Les contrats à terme du gaz naturel aux États-Unis ont également atteint leur plus haut niveau en un mois, signalant l'élargissement de l'impact de la crise sur les marchés mondiaux.
Ces développements interviennent à un moment où l'Europe fait face à une situation délicate sur le marché du gaz, la continent sortant de l'hiver avec des niveaux de stock relativement bas, ce qui signifie qu'elle devra acheter de grandes quantités de gaz naturel liquéfié pendant l'été pour reconstituer ses réserves.
* Concurrence mondiale pour le gaz
Cette situation pourrait placer l'Europe en concurrence directe avec les acheteurs en Asie pour les approvisionnements limités en gaz naturel liquéfié, surtout si les troubles au Moyen-Orient persistent et empêchent l'arrivée des cargaisons sur les marchés mondiaux.
Florence Schmitt, analyste des stratégies énergétiques chez Rabobank, a déclaré que les marchés commencent à réaliser l'ampleur des perturbations frappant l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement énergétique, indiquant que cette crise pourrait durer jusqu'à trois mois.
* Les prix restent inférieurs aux sommets historiques
Malgré la forte augmentation, les prix actuels restent bien inférieurs aux niveaux records observés en Europe lors de la précédente crise énergétique, se situant actuellement autour de 64 euros par MWh, par rapport à un sommet historique dépassant 300 euros par MWh.
* L'arrêt du gaz qatari accroît les inquiétudes
Les inquiétudes sur les marchés sont exacerbées par l'arrêt de la production de gaz naturel liquéfié au Qatar, l'un des plus grands exportateurs au monde.
Les estimations des analystes de Morgan Stanley indiquent que cet arrêt pourrait dissiper la majeure partie de l'excédent d'offre prévu cette année.
Des rapports ont également averti que la poursuite de l'interruption des exportations de gaz naturel liquéfié du Qatar pendant plus d'un mois pourrait rapidement entraîner un déficit sur le marché mondial.
La raffinerie de Ras Laffan au Qatar est la plus grande installation de production de gaz naturel liquéfié au monde, et bien qu'elle soit restée largement intacte, sa fermeture sans précédent la semaine dernière a entraîné l'arrêt des approvisionnements.
Le ministre de l'Énergie qatari a précisé que la remise en service de l'usine et la reprise des exportations pourraient prendre des semaines, voire plusieurs mois.
* Impact direct sur les entreprises européennes
La société Qatar Energy a déclaré l'état de force majeure pour ses clients après la suspension de la production, ce qui a affecté des entreprises européennes dépendant du gaz qatari comme Edison SpA en Italie et Orlen SA en Pologne.
* Prévisions d'augmentation des prix
Dans ce contexte, les analystes de Goldman Sachs ont relevé leurs prévisions pour les prix du gaz européen au deuxième trimestre de l'année à 63 euros par MWh, alors que les estimations précédentes indiquaient environ 45 euros seulement.
Ces prévisions supposent que les expéditions de gaz naturel liquéfié du Qatar resteront suspendues jusqu'à la fin mars au moins, avant de commencer à revenir progressivement en avril.
* Derniers prix
À 8h31 du matin à Amsterdam, les contrats à terme néerlandais sur le gaz - qui sont l'indice de référence des prix en Europe - ont augmenté de 17 % pour atteindre 62,56 euros par MWh, un signe clair de la persistance des tensions sur les marchés de l'énergie mondiaux.