Hamas dément l'affirmation d'Israël selon laquelle des militants auraient été ciblés dans le bombardement de l'hôpital Nasser

Le mouvement de résistance islamique (Hamas) a démenti, mardi 26 août, le récit israélien concernant la nature de l'attaque contre le complexe médical Nasser à Gaza, affirmant que ceux qui ont été tués dans le bombardement n'étaient pas des militants. Cela fait suite à des déclarations israéliennes antérieures annonçant la mort de six militants, tout en indiquant en même temps l'ouverture d'une enquête sur la mort de civils, y compris des journalistes.
Le bureau de presse du gouvernement du Hamas a publié un communiqué dans lequel il est dit : "L'un des six Palestiniens que l'Israël prétendait être des militants a été tué dans la région de Mawasi, à une distance de l'hôpital, tandis qu'un autre a été tué à un autre endroit à un moment différent". Le communiqué n'a pas précisé si les deux victimes tuées dans d'autres endroits étaient également des civils.
Pour sa part, Israël a présenté une explication différente de l'incident, le porte-parole de l'armée israélienne affirmant que son enquête préliminaire avait conclu que la frappe qui avait entraîné la mort de cinq journalistes visait une caméra "installée par le Hamas" dans la région pour surveiller ses troupes.
Un responsable militaire a ajouté : "L'armée israélienne a besoin de clarifier plusieurs points après l'enquête sur la mort des journalistes à Gaza", en soulignant que "les journalistes n'étaient pas soupçonnés d'être des militants ou d'être ciblés".
Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait précédemment qualifié l'incident de "tragique".
Pour sa part, le porte-parole du Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires, Thamer Al-Khaitan, à Genève, a souligné la nécessité pour les enquêtes israéliennes de parvenir à des "résultats", en disant : "Les autorités israéliennes ont déjà annoncé des enquêtes sur des actes de meurtre similaires", ajoutant que "c'est la responsabilité d'Israël, en tant que puissance occupante, de mener l'enquête, mais ces enquêtes doivent aboutir à des résultats".
Al-Khaitan a insisté sur la nécessité de "rendre la justice", en disant : "Nous n'avons pas vu de résultats ou de mesures de responsabilité jusqu'à présent. Nous demandons des comptes et de la justice". Soulignant que le grand nombre de journalistes tués pendant la guerre à Gaza "soulève de nombreuses questions sur le ciblage des journalistes".
Selon les déclarations du porte-parole de l'ONU, au moins 247 journalistes ont été tués depuis le début de la guerre à Gaza en octobre 2023, et ils sont "les yeux et les oreilles du monde et doivent être protégés".
En réaction professionnelle, des institutions médiatiques mondiales, dont Reuters, Associated Press et Al Jazeera, ont rendu hommage aux journalistes qui collaboraient avec elles et qui ont perdu la vie dans le bombardement, et que l'armée israélienne a confirmé qu'elle enquêterait sur leur mort.