Dans des déclarations remarquables, l'envoyé spécial américain en Syrie, Tom Brak, a loué le président syrien par intérim Ahmed Chaar, affirmant sa confiance en sa personne et ses orientations, et indiquant que ses objectifs s'alignent actuellement avec la vision de l'administration américaine pour la région.
Brak a déclaré dans un entretien podcast qui sera diffusé intégralement aujourd'hui vendredi, que Chaar "s'efforce sérieusement de résoudre les problèmes avec les pays voisins, et de construire des ententes régionales qui ramènent la Syrie sur la voie de la prospérité et de la stabilité", affirmant que Washington voit dans cette politique un accord clair avec ses intérêts au Moyen-Orient.
L'envoyé américain a précisé qu'il "n'y a pas de plan alternatif pour la Syrie", appelant la communauté internationale à apporter un soutien politique et économique au gouvernement de Chaar, tout en renforçant les mécanismes de responsabilité.
* Rencontres syro-israéliennes "positives"
Lorsqu'on lui a demandé sur le cours des relations syro-israéliennes, Brak a révélé que des négociateurs des deux côtés s'étaient rencontrés deux fois à Paris, la première ayant duré trois heures et demie, suivie d'une seconde session, affirmant que l'atmosphère était positive malgré la sensibilité élevée du dossier.
Cependant, il a indiqué que le président syrien reste prudent dans ses interactions avec Israël, disant : "Chaar ne lui fait pas confiance, et beaucoup de pays arabes ont perdu confiance en Israël après ce qui s'est passé à Gaza".
Malgré cela, Brak a souligné que le président syrien est prêt à négocier "lorsque l'intérêt de son pays est en jeu".
Brak avait déclaré la semaine dernière que les discussions entre Damas et Tel Aviv progressent dans une direction positive, mais il a reconnu que "parvenir à un accord final est encore loin".
* Accord de sécurité attendu
Pour sa part, Chaar avait déclaré dans des déclarations précédentes qu'il y avait des progrès tangibles dans les discussions de sécurité avec Israël, précisant que les discussions se concentrent sur le retour à l'accord de séparation des forces de 1974, qui stipule une ligne de séparation entre les forces syriennes et israéliennes dans le plateau du Golan occupé.
* Rencontre syro-israélienne de haut niveau à Paris
Le 20 août dernier, le ministre des Affaires étrangères syrien Asaad Al-Shibani a rencontré le ministre israélien des Affaires stratégiques Ron Dermer dans la capitale française, Paris, lors d'une rencontre parrainée par les États-Unis.
Les deux parties ont discuté des mécanismes pour apaiser les tensions dans la province de Sweida, et renforcer la stabilité dans le sud de la Syrie, ainsi que de la mise en place d'un mécanisme clair pour réactiver l'accord de 1974 sur le désengagement dans le Golan.
Il convient de noter que ces mouvements s'inscrivent dans le cadre d'efforts diplomatiques internationaux pour ramener la Syrie dans le giron régional et international, au milieu de signaux croissants de changements dans la position américaine envers la transition à Damas.