Pour la deuxième année consécutive, le festival "Mawazine Rythmes du Monde" dans la capitale marocaine Rabat a été le témoin d'une expérience exceptionnelle ramenant le public de la chanson à l'époque de l'art classique, avec l'organisation d'un concert utilisant la technologie holographique du chanteur égyptien défunt Abdel Halim Hafez, en présence d'une foule nombreuse remplissant le théâtre Mohammed V lundi soir.
Le concert a commencé avec la chanson "Ala Babi Waef Amarin" écrite par le poète Mohamed Hamza et composée par Baligh Hamdi, une des chansons rares qu'Abdel Halim a spécialement chantée pour feu le roi du Maroc Hassan II.
Il a ensuite enchaîné avec ses chansons les plus célèbres aimées par le public arabe depuis des décennies, telles que "Awel Marra Teheb Ya Alby", "Gebt Anni Reih", "Balaesh Etab", "Asmar Ya Asmarani", "Betloumouni Leh", faisant vibrer la salle à chaque note.
Le public a continué à chanter les chansons avec enthousiasme, notamment lors de la diffusion d'extraits de "Gana El Hawa", "Nar Ya Habibi Nar", "Sawah", donnant aux présents l'impression d'assister à un véritable concert de l'rossignol.
Asmaa Laaboudi, âgée de 54 ans, a exprimé son admiration pour l'expérience, déclarant : "Bien que j'étais très jeune lorsque Abdel Halim est décédé, j'ai grandi avec sa voix et ses chansons. Il n'y a pas de comparaison entre son art et ce qu'on appelle aujourd'hui les chansons fast-food".
Ahmed El Oumari (72 ans) a témoigné de son émotion intense lors du concert en disant : "J'ai fermé les yeux et j'ai vraiment eu l'impression de le voir devant moi... Ce concert m'a ramené des années en arrière, me rappelant l'ambiance de la jeunesse".
Malgré le grand succès populaire de la soirée, celle-ci n'a pas été sans controverse, la famille d'Abdel Halim Hafez au Caire ayant exprimé son opposition à la tenue du concert, estimant qu'il avait eu lieu sans leur consentement, menaçant de recourir à la justice pour protéger les droits liés au nom, à l'image et à la voix de l'artiste.
En revanche, l'association "Maroc Cultures", organisatrice du festival, a publié un communiqué officiel affirmant avoir obtenu toutes les autorisations légales nécessaires de la part du détenteur des droits de l'artiste défunt, lui permettant de produire cette performance en hologramme conformément à la loi.
Il convient de noter que le festival Mawazine se poursuit jusqu'au 28 juin, accueillant cette année une pléiade de stars de la chanson arabe et internationale, dont Kazem Al Saher, Majida El Roumi, Najat Aatabou, dans l'attente d'une forte affluence tout au long du festival.
Entre nostalgie, technologie et art, "Mawazine" a réussi à ramener l'rossignol Abdel Halim Hafez à son public, dans une expérience mêlant passé émotionnel et technologie moderne, confirmant que la vraie chanson ne meurt jamais.