L'envoyé américain Tom Barak a annulé sa visite prévue aujourd'hui mercredi dans les villes de Khiam et Tyr dans le sud du Liban, en raison de manifestations populaires s'opposant à sa visite, selon l'agence nationale d'information.
Barak est arrivé ce matin à la caserne François al-Hajj dans la région de Marjayoun à bord d'un hélicoptère, au milieu d'un déploiement massif de l'armée libanaise dans la région et à l'entrée nord de la ville de Khiam, dans une tentative de sécuriser la visite de l'envoyé et de faire face aux appels populaires à manifester.
La visite de Barak intervient à un moment où le sud du Liban connaît une montée des tensions sécuritaires, les forces israéliennes ayant mené ce matin une opération d'explosion dans la ville frontalière de Kfar Kila, où une source sécuritaire a déclaré avoir entendu une forte explosion à quatre heures et demie du matin, dont les échos ont été entendus dans les villes du district de Marjayoun.
Dans la région de Khiam, plusieurs habitants ont organisé un rassemblement de protestation à l'entrée de la ville, levant des photos des martyrs de la résistance, exprimant leur refus catégorique de la visite de l'envoyé américain et leur indignation face aux politiques américaines qu'ils considèrent comme biaisées en faveur d'Israël et soutenant son agression contre le Liban.
Dans ce contexte, Barak a suscité un large débat après avoir averti les journalistes libanais de ne pas se comporter "comme des animaux", ce qui a poussé le syndicat des journalistes libanais à demander des excuses officielles de sa part.
La visite écourtée de Barak est survenue dans ce climat tendu qui reflète la profondeur du mécontentement populaire face aux interventions américaines et à son soutien à Israël, ce qui confirme la persistance des tensions dans la région.